La mort est mon métier, Robert Merle

 

La mort est mon métier, Robert Merle, 1952

 

L'auteur

Robert Merle, romancier, dramaturge et historien français. 1908-2004. Vie mouvementée, dont 4 ans de captivité en Allemagne. Au demeurant auteur d'une fresque historique, Fortune de France.

Le synospsis

Ce roman est inspiré de la vie de Rudolph Höss, un haut dignitaire nazi, commandant des camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz et "inventeur" des camps de la mort ; il est désigné ici sous le nom Rudolph Lang. Sa jeunesse et son adolescence, marquée par la figure d'un père autoritaire, aussi intransigeant avec les autres qu'avec lui-même, impriment en lui la notion de devoir et de patriotisme. La primauté de la religion dans son éducation rigide ne signifie pas que sa foi soit fervente ; il entretient chez lui la notion de culpabilité .Sa participation à la première Guerre mondiale en tant que soldat modèle contribue à la formation de son caractère respectueux de la hiérarchie et aveuglément obéissant. Après la fin de la guerre, il erre, travaille un peu, toujoursd incapable de ressentir quoi que ce soit. Dans une République de Weimar agitée, il satisfait sa faim de repère et son besoin de l'ordre en adhérant au NSDAP, le parti nazi. Au début simple fermier, il s'acquière l'estime de ses supérieurs et monte dans la hiérarchie grâce à son respect des ordres, sa modestie, son absence de réaction, et surtout grâce à son ingéniosité et à sa force de travail qui lui permettent d'accomplir les travaux les plus difficiles avec efficacité et rapidité. Pendant la Seconde guerre mondiale, il brûle d'être envoyé au front mais ses chefs l'assigne à une tâche plus administrative, si l'on puit dire. Il reçoit la charge de l'organisation et de la rentabilisation de la Solution Finale, l'extermination de toutes les "populations indésirables" d'Europe, dont le peuple juif. Après des recherches laborieuses, il met en place le système des camps d'extermination, les fours crématoires et la gestion des cadavres, tout cela sans faire preuve de sentiments. Le roman s'achève sur l'arrestation, le procès puis la condamnation à mort de Rudolph Lang.

Les grands thèmes et les particularités

Deux aspects : étude historique et analyse psychologique.

  • Guerre ; contexte de la montée du nazisme ; extermination dans les camps. Base réelle = caractère documentaire/plus crédible du roman. Description technique minutieuse.
  • Inconscience, insensibilité du personnage principal ; exprimé par le style concis, clair, militaire. Première personne : forme de l'autobiographie = plus frappant.

Les liens avec la séquence - Dénoncer la guerre

But : détermination des causes qui ont conduit Rudolph Lang (Höss) à devenir l'organisateur insensible du meurtre de milliers de personnes. On retient : l'environnement, l'éducation surtout. Etude psychologique poussée : toute la vie, entre autres la période de la jeunesse, est décrite et analysée avec précisition par le narrateur lui-même.

Message : les causes d'un comportement aussi absurde dans l'horreur sont nombreuses, profondes ; importance de l'éducation.

Conclusion

Guerre pas thème principal (épisode, cause, cadre) ; mais thème lié à la guerre : meurtre  + inhumanité + situation : IIGM. Volonté de comprendre, d'expliquer. Analyse = leçon, pour que ça ne recommence pas ; message = ne plus rentrer dans un cadre de revanche, de mise en valeur excessive du devoir  -> formate les esprits ; accorder à l'éducation/la formation des caractères l'attention qu'elle mérite.

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