Ionesco, La Leçon, Extrait 2

 

La leçon, Ionesco

 

Eléments de l’introduction

 

  • Ionesco. Dramaturge, XXè siècle, théâtre de l’Absurde.
  • La Leçon, « Drame Comique ». Une des premières pièces d’Ionesco. Leçon particulière au déroulement absurde, plutôt burlesque, et une conclusion dramatique. Evolution vers le tragique.
  • Deuxième extrait : la leçon de philologie et de linguistique, suite à la peu satisfaisante leçon d’arithmétique et à une intervention de la Bonne (« la philologie mène au pire »). Processus de dégradation des relations et de l’ambiance = enclenché. Elève qui ne sait pas, qui comprend difficilement = fatigue ; Professeur à bout de patience = exaspéré.
  • Rappel (schématique) : philologie = étude des langues, de leur histoire, de leur classification ; linguistique = étude d’une langue du point de vue de la sonorité, de la prononciation.

 

 

Développement 

I. Les relations entre personnages : dégradation.

1. Prise de parole

 

  • Interventions : Professeur = monopole de la parole + longues interventions ; en opposition avec Elève = répétitions de ce que dit le professeur, donc aucun apport à la conversation + acceptation de son sort (répétition « Oui, Monsieur ») + expression laborieuse (points de suspension).
  • Elève brimée : interdits uniquement (phrases exclamatives), reproches (questions rhétoriques), ordres (impératifs ; « Silence ! », « Ecoutez plutôt » = il exige sa passivité), décisions arbitraires (« à moins que ça ne soit plus du tout »), réprimandes (« N’étalez donc pas votre savoir »), voire menaces (répétition du prophétique « jusqu’à l’heure de votre mort »).

 

2. Expression et voix

 

  • Remise en question de l’enseignement : retour à une figure traditionnelle du Professeur, autorité et brutalité + absence de pédagogie (cours magistral, « tout préparé »).
  • Le Professeur parle plus, plus vite, plus fort (passage de démonstration à propos de l’émission des sons, « de toute la force de vos poumons », etc).

 

3. Liberté de mouvement

 

  • Mobilité du professeur, cohérent avec la volubilité de son expression ; champ lexical mouvement et dynamisme, gestuelle dans les didascalies.
  • Déplacements du Professeur = processus d’hypnose.
  • Interdictions faites à l’Elève de se mouvoir (« Restez assise »). Seule réaction : grimace de souffrance, visage.

 

II. Le monologue du professeur : absurde.

Décalage entre la formulation irréprochable et le contenu improbable.

1. Apparente cohérence

 

  • Plan organisé : introduction (avec annonce de plan), puis développement (deux grandes parties, I. Philologie et II. Linguistique).
  • Vocabulaire spécialisé lié aux disciplines envisagées.
  • Références à la réalité de la philologie et de la linguistique : utilisation d’exemples (« Ceci n’est qu’une illustration de plus d’une loi linguistique très importante… ») ; évocation de langues réelles (accumulation dans les premières répliques du Professeur) ; utilisation de concepts existants (familles de langues).
  • Logique dans l’enchaînement des idées (connecteurs logiques « ainsi », « mais », « par conséquent »).

 

2. Cours délirant sur la philologie

 

  • Démonstration incompréhensible : contresens (démonstration : les langues du groupe néo-espagnol sont différentes mais identiques) ; répétitions et antithèses de « distinguer » et « ressemblance » ; champs lexicaux différence et ressemblance.
  • Erreurs et absurde : groupes linguistiques inexistants (accumulation : néo-espagnol, pelote par analogie avec la pelote basque, sardanapale qui est le nom d’un souverain antique libertin avant la lettre), rapprochement langue turques  (<-arabe) et grecque (<- indo-européenne).

3. Cours insensé sur la linguistique

  • Lyrisme : images et métaphores filées (sons=oiseaux, avec chant lexical du vol aérien) ; exclamations, répétitions.
  • Association d’idées : jeu sens propre/sens figuré (les sons volent, donc il faut les émettre « sur la pointe des pieds ») ; associations expressions idiomatiques différentes (« dans les oreilles des sourds ») ; énumération mots à titre d’application et d’exemple) avec « Papillon […] Papi, Papa ».
  • Pseudo-science : mélange extravagant de linguistique et de théorie physique, avec des sons chauds donc « plus légers que l’air environnant ». 

Conclusion

 

  • Relations dominant/dominé marquées, avec le Professeur s’imposant à l’Elève. Toujours opposition Elève/Professeur, mais retournement de situation : Elève qui n’est plus vive et pleine d’initiative, mais apathique et fascinée ; Professeur qui n’est plus timide et encourageant, mais agressif et dominateur. Déséquilibre constant et variable des relations.
  • Dialogue => monologue du professeur.
  • Evolution vers l’absurde. Commence à se poser la question des motivations du Professeur : tuera-t-il l’Elève suite à une pulsion incontrôlée et soudaine, ou bien prémédite-t-il le meurtre depuis le début de la pièce ?
  • Réflexions : langages et communication = inutilité du langage, qui n’est ni commun à tous ni cohérent ; incohérence dans l’utilisation des figures de style, qui pourtant mènent à la beauté de la langue (comparée à un oiseau). Pouvoir = savoir ; domination grâce au langage.

 

 

Attention !

Ionesco niait avoir tenté de transmettre des messages grâce à ses pièces, donc à présenter avec une phrase du genre « Même si Ionesco affirmait que son œuvre ne donnait pas lieu à interprétation… ».

 

Qq procédés remarquables

Répétitions « Oui, monsieur » ; impératif, interjections et onomatopées ; connecteurs logiques (« onc », « mais »…) ;  champ lexical du mouvement ; accumulation des langues, réelles ou inventées ; parallélisme et opposition entre le champ lexical de la ressemblance et celui de la différence ; répétition « jusqu’à l’heure de votre/ma mort », avec italiques ; métaphores filées ; jeu sens propre/figuré.  

 

Problématiques et plans

 

  • Etudier l’évolution des relations entre les personnages et le discours du Professeur

 

I. Dégradation des relations entre les personnages

1. Prise de parole

2. Expression et voix

3. Libertés de mouvement

II. Absurdité du discours du professeur

1. Apparence de la logique

2. Cours de philologie absurde

3. Cours de linguistique insensé

 

 

  • Etudier la présentation que Ionesco fait de la communication

 

I. Le langage, outil de pouvoir

1. Domination du Professeur grâce à l’expression

2. L’Elève fascinée et vaincue par la force de la langue

II. Le langage, élément absurde

1. Apparente cohérence du langage

2. Une improbable étude des langues qui montre l’impossibilité de communiquer

3. Théorie farfelue du langage qui illustre son absurdité

 

 

  • Où est l’absurde dans cet extrait ?

 

I. Transformation brutale des relations entre personnages

1. Domination par la brutalité du Professeur

2. Soudaine passivité de l’Elève

=> impossibilité de contrôler la situation.

II. L’improbable cours du Professeur

1. Apparente logique

2. Aberrant cours de philologie

3. Extravagant cours de linguistique

=> contresens et absurde de la langue.

 

 

  • Quel est la place de l’absurde dans cet extrait ?

 

I. L’expression frappante de l’évolution dans la relation des personnages

1. Domination par la brutalité du Professeur

2. Soudaine passivité de l’Elève

II. La réflexion sur l’incohérence du langage et de la communication

1. Apparente logique

2. Aberrant cours de philologie

3. Extravagant cours de linguistique

 

 

  • Quelle est la place de cet extrait dans la pièce ?

 

Milieu 

I. Evolution dans les relations entre personnages : le tragique se profile

1. Prise de parole

2. Expression et voix

3. Libertés de mouvement

II. Evolution dans l’expression du Professeur : l’absurde envahit la pièce

1. Apparence de la logique

2. Cours de philologie absurde

3. Cours de linguistique insensé

 

 

Commentaires (2)

1. Claire 13/06/2009

Merci beaucoup MG pour ton aide! Ton travail est génial! Bisous

2. Muriel 20/12/2011

Très bon site

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