E3, Lambeaux, Charles Juliet

 

"Et comment éviter que ton désir [...] de

marcher sans fin sur les routes", Lambeaux,

Charles Juliet

 

 

 

Eléments de l’introduction

 

 

  • Charles Juliet, XXè siècle. Histoire personnelle complexe : une mère naturelle morte dans un asile, un mère d’adoption qui l’a recueilli presque à la naissance. Remise en question, longue introspection. Autobiographie, Lambeaux, psychanalyse ; une de ses autobiographies.
  • Extrait : milieu de la deuxième partie de Lambeaux, celle qui évoque la vie de Juliet lui-même. Enfant de troupe, crise : « crise d’adolescence » + histoire familiale, liaison avec la femme de son supérieur et protecteur, dégoût des études et de la discipline abrutissante car hypersensibilité. Evocation, sous forme d’énumération (anaphore en « Ainsi »), des souffrances endurées. Style tourmenté, haché.

 

 

 

Développement

 

I. Relation aux autres : la souffrance

 

1. Un amour source de culpabilité

 

  • Question rhétorique ; opposition chps lexicaux amour / culpabilité ; choix du mot « corrodés », métaphore (amour = métal) ; deux sources de culpabilité, le chef (phrase accumulative, construction en coordination « et…et ») + la mère ; hyperbole « tu mourrais de honte » ; proposition subordonnée conditionnelle en « si » + conditionnel = mise en valeur de l’impossibilité de se confier même aux plus proches.
  • Transition : chp lexical de la destruction, du lambeau (cf. titre) ; phrases d’un seul mot, juxtaposées.

 

2. La haine destructrice

 

  • Humiliation : paragraphe introduit par « Ainsi les humiliations », anaphore, phrase nominale brève et incisive ; chp lexical de la brimade, chp lexical de la blessure ; articles partitifs qui déterminent les brimades = atteintes innombrables, indéfinissables ; accumulation/gradation de verbes à l’infinitif décrivant les humiliations en question ; métaphore jeune garçon-> arbre (« pulpe ») ; deux accumulations de verbes conjugués décrivant les effets des humiliations, à court puis à long terme ; exploitation des synonymes = précision presque clinique de la description ; métaphore violence psychologique-> violence physique, blessure tangible.
  • Révoltes : paragraphe introduit par « Ainsi les révoltes » ; connecteur logique « mais », révoltes avortées, intériorisation des élans de haine du garçon ; haine réfrénée par angoisse de la haine de l’autre, redondance dans l’expression « infernale descente aux enfers » ; ces élans de violence sot eux-mêmes réprimés « avec violence » ; solution = partir (accumulation, rythme croissant ternaire).

 

 

II. Relation à soi : la dépression

 

1. Ennui

 

  • Rythme monotone : énumération avec anaphore en « Ainsi » (figure de répétition) ; reprise des constructions syntaxiques (« Ces jours où… Où… Où… ») ; accumulations ; phrases nominales, courtes à l’extrême.
  • Ennui : paragraphe introduit par « Ainsi l’ennui » ; hyperbole avec « comme si » ; allitération en [s], désagréable, glaçant ; idées de l’impossibilité et de l’inutilité associées ; rythme ternaire dans l’accumulation d’infinitifs.
  • => ennui, absence d’intérêt des autres et de soi.

 

 

2. Impression de solitude

 

  • Absence d’êtres aimés : absence de « la mère et [d]es sœurs », tournure en coordination, négation ; rythme ternaire croissant rappelant le soutien de la famille adoptive, chp lexical décision.
  • Absence de confident, de soutien : questions rhétoriques (+/-), demande de conseils ; « Auprès de qui », expression de la solitude au milieu de la multitude, choix impossible à faire.

 

 

3. Dépression

 

  • Coups de cafard : paragraphe introduit par « Ainsi les coups de cafard » ; destruction, termes négatifs (« noir », « éboulements », « souffrance ») ; répétition de « rien », formulation d’insistance « rien à rien » ; chp lexical de l’humanité (« l’être », « comprends », « vie ») associé à des négations ; évocation du suicide (?), de l’abandon de la conscience ; métaphore « déposer les armes ».
  • Dépression : « infernale descente aux enfers », « face de la vie […] sombre » ; évocations ambiguës du suicide (« acte inconsidéré », « envie de meurtre », « désir de fuite »).

 

 

Conclusion

 

 

  • Dépression : haine de soi, haine des autres ; incapacité à supporter le quotidien ; découragements ; volonté de s’échapper (suicide ?). Accumulation de nouveaux obstacles : l’amour problématique, l’incapacité à s’adapter à son environnement. Question de l’origine mise de côté, pas de questionnement de l’identité ou de la culpabilité (en tout cas, pas exprimé dans cet extrait).
  • Adolescence : âge et évolution psychologique + croissance physique (amour) + autonomie brusque (jusqu’ici, figures dominantes féminines, manque de figure paternelle = dépendance) => sortie de l’enfance, vécue comme une agression.
  • Incompréhension de la vie, désir de mort/de départ, comme sa mère ; ce qui le garde en vie = amour dans sa famille + amour de la femme du chef + écriture et expression (éducation).

 

 

Qq procédés remarquables

 

Questions rhétoriques ; phrases nominales ; chp lexical de la découpe, de l’arrachage, du lambeau ; anaphore en « Ainsi » ; énumération des éléments pénibles de la vie du garçon ; chp lexical de la mort ; métaphore blessure psychologique => blessure physique ; synonymes ; expressions idiomatiques (« coups de cafard », « broies du noir ») ; connecteur logique « mais », répétition ; chp lexical destruction, effondrement ; gradation effondrement psychologique et émotionnel.

 

Problématiques et plans

 

Comment Juliet décrit-il la période difficile de son adolescence ?

=> En évoquant les relations qu’il entretient avec les autres et avec lui-même ; en insistant sur ce que sa vie a de pénible (teinte générale du texte : dépression).

I. Les relations aux autres, source de douleur

1. Un amour culpabilisant, peu satisfaisant

2. La haine destructrice

II. Les relations à soi

1. La solitude

2. L’ennui

3. La dépression

  

Comment Juliet ressuscite-t-il ces souvenirs douloureux ? Comment les rend-il particulièrement poignants ? 

 

I. L’expression/évocation de la souffrance

1. La recherche du mot juste (richesse du vocabulaire, synonymes)

2. L’expressivité dans l’expression (images, métaphores, expressions idiomatiques)

3. Le rythme frappant (sécheresse, concision)

II. Le monde et soi, difficiles relations

1. L’amour problématique

2. L’absence de soutien, de confident (êtres aimés + solitude)

3. La haine des autres

 

OU

 

I. Idem

II bis. A la sortie de l’enfance

1. Autonomie forcée, prise de responsabilités (absence des êtres aimés [+ révoltes])

2. Perte de l’innocence (liaison, culpabilité)

3. Perte du dynamisme (révoltes étouffée + découragement)

4. Perte de l’estime de soi (dépression)

 

 

 

 

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