Las Cordilleras de Los Andes, Michaux

 

"La Cordillera de Los Andes", Michaux, 1927-1959

 

Éléments de l'introduction

  • Henri Michaux, XXè siècle. Expériences, couverture d’une grande partie du siècle ; voyages. Lié au surréalisme sans y avoir été engagé. Écriture, peinture : disciplines d’expression diverses.
  • "La Cordillera de Los Andes", extrait du recueil autobiographique L'Espace du dedans. Vers libres. Association thème de l’intériorité et du voyage. Texte : présentation de la Cordillère des Andes, que Michaux a vue dans un de ses voyages en Amérique du Sud. Autres dimensions, symbolique ; place de l’Homme, état d’âme et création artistique.

Développement

I. Une description de la CdA

1. Réalisme

  • Description : références précises de lieu, d’altitude ; chp lexical de l’élément géographique, avec domaine de l’altitude, de a Nature, de la montagne ; « vie quotidienne » ; description précise des effets de l’altitude, v. 18-20.

2. Atmosphère oppressante

  • Inhabituel : perte de repères, v. 2, introduction avec le verbe « disparaît » ; première strophe, assonance en AN, allitération en S, lancinant et sifflant (vent) ;  v. 4-5, enjambement + répétition « qui s’étendent », idée d’immensité.
  • Piège de nuages : euphémisme v. 3 ; sens troublés, pas liberté : « impression » ; répétition « chiens fidèles », personnification et connotation d’emprisonnement ou de surveillance, idée d’immuabilité et d’omniprésence ; « collée dans un cratère de nuages », dépendance de la ville ; allitération en K v. 22.
  • Montagnes menaçantes : personnalisation des montagnes : influence, puissance ; gradation v. 26 ; « on les pave », pronom indéfini, tentative négligeable de dompter l’indomptable ; humanité à la merci de la Nature.

3. Inhospitalité de la Nature

  • Disparition (strophe 3) de la focalisation interne, « étranger », pronom personnel 3°sg ; strophe 2, répétitions « nu » et « noir », allitération en N, sobriété des phrases.

II. Une réflexion sur la place de l’Homme

1. L’étranger n’a pas sa place

  • Danger physique : science comme un arg. d’autorité, avec répétition « qu’ils disent », v. 18-20 ; chp lexical du corps, gradation : organes de plus en plus importants ; emphase ; rythme irrégulier, inconfort + rythmes irréguliers qui imitent le souffle court, lecteur en situation, comme l’étranger qui n’est pas acclimaté.
  • Évolution de la place de l’étranger : évolution, point de vue interne progressivement affirmé, apparition pronom personnel « nous », v. 27 => poète de plus en plus concerné, dc de moins en moins étranger.
  • Rejet de la Nature : strophe 2, voir plus haut.
  • => L’étranger n’a pas sa place, il n’est pas le bienvenu (Nature, surtout).

2. Place des Indiens ; le prix de l’adaptation

  • Parcimonie et économie : v. 28 : rythme décroissant, comme un souffle mourant, fin de l’humanité ; répétition du « peu » qui introduit un parallélisme, survie, économie ; « peu » en opposition avec le chp lexical du bruit ; interprétations possibles : inversion nom/verbe, sens « Les chiens se disputent peu », inhabituel OU élision, sens « Peu de choses se disputent les chiens », soit personne ne se bat pour eux/les revendique, leur importance est niée. V. 27, opposition totalité de « tous » (renforcement de « nous ») et parcimonie du chp lexical (« basse », « petit ») et répétition de « petit », antithèse « grande »/« base ».
  • Civilisation : « maisons », v. 10 : verbe à sens passif « laissent », manque de cohésion et de naturel suggéré par « par-dessus ».
  • Physique : v. 21, allitération en R.
  • Vie sans but : gradation v.24, effet d’attente pas satisfait, rythme ternaire, coordination « et » ; question rhétorique, v.23.
  • => Les Indiens on t une place ds cet environnement, mais instable et difficile ; survie plus que vie.
  • ⇒ Allégorie, symbolique : faiblesse de l’Homme face à la Nature, pas de place pr l’Homme dans ce monde = pessimisme.


III. Un poème symbolique (création artistique+état d’âme)

1. Un état d’âme

  • Titre : l’Espace du dedans, introspection.
  • « dedans », v. 7 : paysage intérieur, mise en mots et en images de sensations, d’émotions et de réflexions.
  • Poète perdu (vision floue dûe à l’omniprésence des nuages ; question rhétorique, existentielle du v. 23), désespéré (ton général pessimisme, notamment v. 1 et derniers vers ; chp lexical désespoir, termes négatifs et péjoratifs), qui subit le vertige (immensité, éternité, intériorité), fatigué (altitude évoquée avec ses effets ; rythme du poème = mime du souffle court des hautes altitudes).

2. La démarche poétique

  • Ce qui précède la création : rien originel (« disparaît », « nu », répétition), à remplir, source de panique ; potentialité de la création, « terre volcanique », inspiration enthousiaste + idées à portée, nuages v. 3, accessibilité des idées ; aspiration à l’accomplissement, chp lexical métaphorique de l’altitude.
  • Le processus de création : accumulation d’idées, avec la gradation v. 24 ; difficulté, souffrance, effort ; exaltation de la poésie, avec métaphore de la drogue, « opium de la grande altitude ».
  • Démarche du lecteur : lecteur, métaphore montagnes : répétition et omniprésence dans le texte = dans la poésie. Lecteur de bonne volonté, influent mais sans finesse : v. 26, indulgence après premier mouvement agressif, idée de la « langue ». Lecteur de mauvaise volonté : nuages, métaphore idées avec v . 13-14, subjonctif (injonction).
  • => démarche du lecteur comme du poète ; poésie = douleur, persévérance et exaltation, accession à la beauté et aux idées, centre du monde (Ecuador, Équateur).


Conclusion

  • Plusieurs niveaux de lecture du poème : description d’un paysage, puis réflexion sur la condition humaine, plutôt pessimiste et axée sur l’idée de non appartenance de l’Homme, enfin sensations et émotions, avec l’état d’âme en tant que poète et le ressenti de la création artistique. Démarche artistique développée : « Malheur à ceux qui se contentent de peu ! […] Déjà écrire d'imagination était médiocre, mais écrire à propos d'un spectacle extérieur ! »
  • Fonctions : lyrisme (expression de la beauté (I), puis de sentiments et d’une intimité (III)), alchimiste (transformation du commun, du physique en transcendant, en réflexion (II)).

Qq procédés remarquables

Forme en vers libre ; euphémisme v. 3 ; chps lexicaux désespoir, nature, haute montagne ; répétition « noir » et « nu » ; allitération en N, en R ; métaphores, nuages en « chiens fidèles », lecteurs en « montagnes », poésie exaltante en « opium » ; arg d’autorité pseudo scientifique avec référence répétitive « qu’ils disent » ; question rhétorique ; gradation, rythme ternaire, coordination ; effet de mimétisme, souffle court à cause du rythme irrégulier et donc sensation d’être avec l’auteur/comme l’auteur un étranger en altitude ; rythme décroissant et répétition « peu » en opposition avec chp lexical du bruit, double interprétation, v. 28.

Problématiques et plans

Ce poème est-il seulement la description d’un paysage ?
I. Description de la CdA
1. Réalisme
2. Atmosphère oppressante
3. Inhospitalité de la Nature
II. Réflexion sur la place de l’Homme ds la Nature
1.  L’étranger
2. Les Indiens
III. Poème symbolique
1. État d’esprit du poète
2. Démarche de création poétique

Quelles sont les fonctions de ce poème ?
I. Vecteur de la beauté : la description d’un paysage frappant
II. Alchimie : les mots et l’idée, naissance d’un réflexion sur la place de l’Homme
OU II. Guide ds la réflexion : la place de l’Homme dans l’univers.
III. Lyrisme : évocation d’un état d’esprit et d’un ressenti.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. Laura P 13/05/2009

Ca aide vraiment beaucoup merci

2. xand974 23/10/2010

Merci, pour votre aide.

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