Un sonnet de Pierre de Marbeuf.

 

Sonnet, Marbeuf, 1628

 

Éléments de l’introduction

  • XVIIè siècle. Baroque : mouvement littéraire et culturel qui, dans un style riche et foisonnant, s’intéresse au thème du changement et de inconstance, de l’illusion. Cohabite historiquement avec le classicisme ; baroque = art de la Contre-Réforme.
  • Pierre de Marbeuf, représentant du baroque.
  • Sonnet, alexandrins ; extrait du Recueil de vers de M. de Marbeuf, 1628. Thème de l’amour et des tourments associés, utilisation conjointes des comparaisons classiques eau/amour et feu/amour.

Développement

I. Fonction lyrique

Souffrance amoureuse. Si traitement général du tème, aspect personnel à la fin.

1. Ressemblance amour/mer

  • Vocabulaire : chp lexical mer ; juxtaposition de ce chp lexical avec celui de l’amour et celui de la douleur ; assimilation de la mer, l’amour, la douleur dans quelques termes fédérateurs (« naufrage », « orage »).
  • Insistance : association répétitions « mer », qui rythment la première strophe, répétitions « amour » et répétitions « amer » ; parallélismes de construction ; structures syntaxiques de coordination (« tous deux », « aussi bien ») ; parallélisme « celui qui », v. 5-6 ; exagération « mer de mes larmes ».
  • Conseil : subjonctif ; présent de vérité générale ; euphémisme ( ?) « hasard ».


Transition
: filiation mer-amour-feu, v. 9 à 11.

2. Ressemblance amour/feu

  • Force du feu : connotation violente du chp lexical du feu/de l’incendie.
  • Caractère indestructible : négations et opposition (« mais », « contre ») ; proposition conditionnelle « si », supposition qui marque le caractère improbable, ici, de la possibilité d’éteindre le feu.
  • Souffrance résultante : emphase « si fort douloureux » avec redondance ; apparition du personnel à la fin du texte, avec pronoms personnels ; superposition amour  et feu avec « brasier amoureux » ; volonté d’arrêter la douleur avec répétition du verbe éteindre.

II. Fonction ludique

1. Jeu sur les sonorités = le signifiant

  • Sons : allitérations en R, en AM ; homonymes avec « la mer », « l’amer », « la mère » ; paronymes avec « amer » et « amour » ; rimes riches, rimes internes ; procédés insistance vu ci-dessus, avec entre autres répétitions, parallélismes, anaphore V. 5-6 ; anagrammes avec « amer » qu’on retrouve dans « larmes » et dans « enflammer ».
  • Rythme : rythme binaire marqué, surtout première strophe ; alexandrins tétramètres ( ?) ; rimes intérieures, surtout strophe 1.

2. Jeu sur les sens = le signifié

  • Sens propre/sens figuré, champs sémantiques : doubles et triples sens, dont « amer » (amertume (eau salée dc amère/souffrance de l’amour)//amarrage (point de repère/bouée)) et « abîme » (couler/se détruire, au figuré/se consacrer à).
  • Détournement des codes et absurde : feu et mer métaphoriques qui deviennent réels, d’où absurde, notamment v. 13-14 ; utilisation de comparaisons-clichés qui évoluent, s’associent pour un résultat surprenant ; impossibilités naturelles dans les métaphores, dont la généalogie.


Conclusion

  • Thèmes : amour, associé avec la mer et le feu, donc l’inconstance, puis avec la douleur et l’amertume, donc la souffrance et la désillusion. Baroque.
  • Passage du général au particulier.
  • Association lyrique et udique, pour plus de légèreté et de moderne.
  • Modernité discrète : forme fixe, style classique, thèmes traditionnels, comparaisons presque trop communes ; relevés par jeu sens, sonorités, et usage de l’absurde et du second degré.
  • Dc fond et forme rénovés. Baroque « révolutionnaire », amorce d’une nouvelle évolution de la poésie et de la langue. Lien entre le baroque et le romantisme, ds ses révolutions, plus tard (cf. « J’ai disloqué/ce grand niais/d’alexandrin », de V. Hugo).


Qq procédés remarquables

Répétitions « mer », « amour », « amer » ; chps lexicaux mer, feu, amour, souffrance ; parallélismes de constructions ; rimes internes, rimes riches ; anaphore en « Celui qui » ; paronymes, homonymes, anagrammes ; absurde dans la filiation mer-amour-feu, impossibilités naturelles dans le dernier tercet ; redondance dans « si fort douloureux » ; exagération « mer de mes larmes » ; répétition du verbe éteindre avec « éteindre », « éteint ».

Problématiques et plans

Quelles sont les fonctions de ce poème ?
I. Lyrique
1. Ressemblance amour/mer
2. Ressemblance amour/feu
II. Ludique
1. Jeu sur les sons
2. Jeu sur le sens

Étudier la modernité de ce poème
I. Un sonnet traditionnel
II. Un poème moderne
OU
I. Renouveler les métaphores traditionnelles (amour/mer, amour/feu OU classique des métaphores/modernité apportée ici).
II. Jouer avec le sens (sens, absurde).
III. Moderniser la forme poétique (sonorités, rythmes).

En quoi ce poème est-il représentatif du baroque ?
I. Le lyrique du texte : la poésie comme vecteur de sentiments.
II. Le ludique, ou le renouvellement de la poésie.
OU
I. Thèmes, entre tradition  et modernité (=lyrisme).
II. Introduction du jeu dans la poésie (=ludique).

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