Encyclopédie, Autorité, Diderot

 

Encyclopédie, article "Autorité", Diderot

 

Eléments de l'introduction

  • Encyclopédie, 1751-1772, Diderot et D’Alembert. Volonté de collecter les connaissances d’une époque pour mieux les répandre. Progrès de l’humanité et du monde par le savoir et la raison.
  • Denis Diderot, un des principaux collaborateurs de l’Encyclopédie, très impliqué. Philosophe et homme de lettres. Lié à Rousseau, D’Alembert.
  • Article « Autorité », un des premiers articles de l’Encyclopédie. Réflexion rigoureuse sur l’autorité, différenciation entre autorité acceptable et autorité inacceptable. Argumentation ; ton polémique. Discussion générale sur l’autorité => détermination de l’autorité consentie comme idéale => remise en question de l’absolutisme de droit divin : général vers particulier. Particularité ds le rapport à Dieu : Diderot est athée mais invoque Dieu ds sa démonstration pour fédérer, ne pas choquer et s’intéresser à toutes les dimensions du problème.

Développement


1. Origine de l’autorité = introduction du texte, l. 1 à 8

D’abord, autorité naturelle ou issue des hommes ? Réponse par élimination.

  • Autorité pas naturelle, dc plutôt négative : répétition « nature » ; tournure insistante négation l.1 ; l. 5-6. Exception d’une autorité naturelle restreinte : subordonnée conditionnelle avec « si », atténuation avec « quelque », l. 3 ; restriction avec « mais » et « aussitôt » ; chp lexical de la limite avec « bornes », « finirait » ; allusion à l’ « état de nature », référence et idéal pour le philosophe.
  • Liberté naturelle : répétition « liberté », chp lexical du droit avec « droit », « contrat », « déféré » ; assimilation raison et liberté l. 2-3 avec tournure « aussitôt que » ; opposition autorité et liberté avec parallélisme « aucun »/« chaque » l.1-2.
  • Nécessité de l’autorité malgré tout : l. 24-25.

Ensuite, quelle autorité est préférable et légitime ? Proposition d’un plan qui introduit une réponse par élimination.

  • Opposition autorité conquise par la force et autorité consentie : parallélisme « ou »/« ou » l. 6-8 ; antithèse « force et la violence »/« consentement » l. 7 ; allusion au contrat social l. 8 .


2. Elimination de l’autorité issue de la force = l. 9 à 13.

  • Abus, illégitime : antithèse « ceux qui commandent »/ « ceux qui obéissent » ; « joug » avec idée de violence, de soumission = négatif.
  • Ephémère et aléatoire : tournure réductrice, forme négative « ne dure que » ; antithèse « fait »/ »défait » ;
  • Société de non-droit, absurdité : disparition des règles avec « loi du plus fort » ; ironie ds l’absurdité l. 11-12 ; manque de logique dans l’antithèse « fait »/« défait » l. 13-14 ; affirmation du droit à la révolte l. 10-12 => indigne de la civilisation, néfaste pour les dirigés.


Transition, l. 14-17 : notion d’évolution de l’autorité illégitime vers l’autorité légitime, cas intermédiaire ; conclusion puis introduction.

3. Défense d’une autorité consentie, en opposition avec la monarchie absolue de droit divin.

  • Autorité consentie, l. 18-20 après évocation l. 14-17 : origine des « peuples » avec le verbe « vient » ; évidence avec proposition subordonnée l. 18, « nécessairement » ; description autorité idéale et légitime avec accumulation l. 19-20 : consentie, utile et limitée ; insistance sur régulation, chp lexical limite avec « conditions », « fixent », « restreignent », « limites ».
  • Réfutation de plus en plus explicite de la monarchie absolue de droit divin :

  Stratégie : insertion, à part, dans le paragraphe sur l’autorité consentie et idéale, d’où à la fois « camouflage » (simple juxtaposition) et force de frappe, choc de l’absurdité (connecteur logique »mais ») ; argumentation rigoureuse avec connecteurs logiques et tournures emphatiques comme « c’est… qui » ; le point de vue adopté est celui du croyant (vocabulaire Dieu) malgré le matérialisme de Diderot : pas de choc, crédibilité à démonstration, soutenir sa dénonciation de l’absolutisme de droit divin.

  Arguments : Dieu n’a pas besoin d’intermédiaire, et la reconnaissance d’un intermédiaire est offense à Dieu ( emphase : chp lexical toute-puissance ; répétition du « tout » l. 21-22 et totalité du « tout autre » l. 27, exclusivité et immuabilité avec « seul », « jamais », « point » ; chp lexical offense avec « crime, « idolâtrie », et obligation exprimée par négation « ne peut ni ne doit » ; exagération « véritable crime ») ; caution de Dieu à l’autorité consentie (l. 24-25) ; place de la raison (antithèse et parallélisme « par raison et avec mesure »/ « aveuglément et sans réserve ») ; pas d’exception (présent de vérité générale, adverbe d’immuabilité « toujours » et « jamais ») => absolutisme de droit divin ne remplit pas les conditions ET se base sur des arguments fallacieux = religion détournée

        +  Ce qui révèle l’opinion de Diderot sur Dieu : parallélisme de « se donner entièrement et sans réserve » et « [obéir] aveuglément et sans réserve », qui assimilent l’emprise absolue (dc négative) d’un homme à celle d’un dieu ; « jaloux », « absolu », adjectives négatifs pr un philosophe qui vient d’évoquer la liberté comme valeur suprême ; « maître » = réduction du dieu à une figure d’autorité, alors que le philosophe affirme que l’autorité n’est pas naturelle : donc le dieu n’est pas naturel.

Conclusion

  • Essai argumentatif, style didactique ; rigueur et clarté ; ce qui n’empêche pas une certaine absurdité, un manque de logique, de l’implicite => ironie presque imperceptible.
  • Réflexion sur l’autorité qui débouche sur la dénonciation de moins en moins voilée de l’absolutisme de droit divin en particulier ; arguments qui tiennent à la foi de la philosophie et de la théologie ( ?).


Qq procédés remarquables

Antithèse « aucun » et « chaque » l. 1-2, « fait » et « défait » l. 12-13 ; atténuation « quelque » l. 3 ; champ lexical de la limite ; parallélisme de construction l. 6-8 ; accumulation l. 18-20 ; champ lexical de la puissance et de la supériorité ; locutions d’insistance avec « ne peut ni se doit », « entièrement et sans réserve », « seul », « tout entier »… ; parallélisme « créature en minuscule » et « Créateur » avec majuscule, l. 26-27.


Problématiques et plans

En quoi ce texte est-il représentatif des Lumières ?
1. Thèmes
2. Forme didactique (efficacité, volonté de transmission)
3. Toucher le plus grand nombre (accessibilité)

Analysez la progression par laquelle Diderot en arrive à la contestation de la monarchie de droit divin.
Procède par élimination : thème inscrit dans une réflexion plus large et moins polémique
1. Autorité d’origine non naturelle
2. Autorité par la orce déconsidérée
3. Autorité consentie => réfutation de la monarchie de dorit divin.

Quelle est la stratégie argumentative de Diderot ?
1. Réfutation
2. Registre didactique et efficacité
3. Accessibilité (adaptation au destinataire)

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