Lettre LXXX, Lettres Persanes, Montesquieu


Lettre LXXX des Lettres Persanes de Montesquieu, 1721

 

Éléments de l'introduction

  • Lettres Persanes, Montesquieu, 1721. Roman par lettres, forme du XVIIIè siècle ; association d’aspects différents de la littérature. Réflexion philosophique et politique, débat sur l’Europe. Point de vue d’habitants de l’Orient. Bcp d’implicite, point de vue externe, fausse naïveté et ironie ; considérations originales sur certains problèmes. Aspect roman presque sentimental, faux documentaire.
  • Montesquieu, figure du siècle des Lumières. Occupations diverses : scientifique, olitique, mondain, philosophe. De l’Esprit des Lois.
  • Lettre LXXX, d’Usbek (Paris) à Rhédi (Venise). Interrogation sur le despotisme.

Développement

I. Présentation originale et plaisante : amuser et rendre accessible

1. Forme épistolaire

  • Présence de la forme épistolaire : présentation et formulation, avec en-tête et fin, signature, formule d’adresse.
  • Implication du lecteur : ton familier, peu conventionnel, style simple = amitié sincère, confidences et jugements sans détour, mise en valeur du point de vue ; pas bcp de marques de destinataire (pas de 2ème personne singulier) = possibilité pour le lecteur de s’identifier à Rhedi et de se sentir plus concerné par la thèse de Montequieu/Usbek.
  • Présentation originale et claire de la thèse : style argumentatif, clair, concis et péremptoire = message explicite et souligné, attention soutenue.

=> libertés style et orientation du texte ; attribution des thèses à un anonyme pr la censure ; originalité.

2. Présence de l’exotisme

  • Allusions à l’Orient : noms, lieux, dates ; énumération et gradation de noms de pays l. 21, de plus en plus exotique et lointain.
  • Place dans l’argumentation : point de vue neuf et impression d’objectivité ; comparaison de l’Orient et de l’Occident avec relativité ; dénonciation du despotisme occidental par le biais du despotisme oriental associée à une ironique mise en valeur des Européens par rapport aux Orientaux.
  • Ludique et effet de mode : références à l’exotisme comme élément plaisant ; humour et ironie ds le pt de vue excessivement naïf.
  • Masque : protection contre la censure.



II. Réflexion et argumentation politique sur le despotisme : instruire et faire réfléchir

1. Rigueur de l’argumentation

  • Organisation stricte de l’argumentation : introduction avec accroche, problématique et présentation de la thèse à développer l. 3-9 ;  organisation en paragraphes avec deux arguments principaux, l. 10-23 et 23-39 ; exemples et comparaisons, l. 15-17 ou l. 36-39 ; connecteurs logiques et chronologiques ; présent de vérité générale.
  • Caractéristiques de la réflexion des philosophes : thèmes de la politique, du gouvernement, du despotisme ; chp lexical de la raison ; modèle de l’Angleterre, l. 22.
  • Etudes des deux arguments principaux, qui s’enchaînent par évolution logique du particulier vers le général et du concret vers l’abstrait (?) :

l. 10 à 19, l’efficacité du châtiment ne dépend pas de sa sévérité (bien plutôt de la culture du pays) : oppositions des châtiments doux et cruels par parallélismes (l. 11-12, « comme dans », l. 13, « soit que…soit que », l. 17, « un certain degré de…un certain degré de »), opposition dans le chp lexical bilatéral (« doux », « modérés » / « cruelles », « tyranniques et affreux »), reprise de la construction d’opposition de l’argument ds les exemples (« huit jours de prison » et « une légère amende »/ « la perte d’un bras ») ;
l. 20 à 23, transition : de la comparaison des peines dures et douces à la comparaison des régimes sévères et modérés  : accumulation de valeurs du gouvernements idéal, l. 20 ; comparaison avec une double accumulation l. 21-22, France pas citée = oubli intentionnel (doute : Fr = despotisme « oriental » plutôt que régime « exemplaire » européen ?) ;
l. 24 à 39, la stabilité et l’efficacité d’un régime ne sont pas proportionnelles à sa sévérité, au contraire (paradoxe) : anaphore en « Que » ; accumulation d’évènements qui font un régime instable, l. 27 à 35, accumulation qui confine à la gradation, de « moins maître » à « mouvements tumultueux » puis à « grande révolution » = risques croissants et nombreux ; opposition avec antithèses « murmure »/« sédition », « moindre accident »/« grande révolution » ; gravité avec utilisation systématique de la négation, tournures comme locutions et adverbes, « plus assez », « personne », « point », « jamais » ; champ lexical du désordre ; absurdité « au contraire », « imprévue », « qu’on n’a jamais connue », « par hasard », l. 36-39.

2. Références aux valeurs et méthodes du XVIIIè siècle

  • Observation, expérience vécue : usage répétitif de « voir » ; chp lexical observation ; présent de vérité générale et choix des adverbes = valable définitivement => traitement scientifique/
  • Valeurs et buts : thèmes politiques ; allusions raison, bonheur, nature ; recherche de la perfection (par savoir, raisonnement et découverte).
  • Réflexion du lecteur : volonté de susciter une remise en question, une réflexion, accompagnée mais indépendante du lecteur ; d’où la forme didactique et l’argumentation rigoureuse.

 

Conclusion

  • Dénonciation du despotisme en deux temps, évolution : négation d’une proportionnalité entre cruauté d’un châtiment et efficacité, puis affirmation d’une proportionnalité inverse entre cruauté d’un régime et stabilité.
  • Démonstration, argumentation ; attaque d’idées communément acceptées.
  • Roman par lettres = bcp d’avantages pr convaincre et persuader, plaire et instruire.


Qq procédés remarquables

Parallélismes de construction, l. 3-6, l. 11-12, l. 13, l. 16, l. 34-35 ; chps lexicaux opposés de la cruauté et de la douceur ; exemples, l. 15-17, l. 36-39 ; gradations parallèles l. 21-22 ; connecteurs logiques « d’ailleurs », « au contraire », « même » ; antithèses l. 26, 31, 32, 34.


Problématiques et plans

En quoi ce texte est-il représentatif des Lumières ?
1. Présence des thèmes et des valeurs des Lumières
2. La rigueur de l’argumentation
3. Volonté de rendre accessible au plus grand nombre
Quelle est la stratégie argumentative de Montesquieu ?
1. Plaire + rendre accessible (agréable, original, séduisant ; sans risques)
2. Faire réfléchir (thèmes et valeurs, démonstration rigoureuse)

Commentaires (4)

1. dufournet 25/06/2009

dsl MG mais je ne comprends pas les arguments de montesquieu, je ne comprends pas ce qu'il essaye d'expliquer à propos des châtiments plus ou moins violents, j'ai l'impression qu'il se contredit sans arrêt... pourrais tu m'éclairer stp

2. gnepoa 28/10/2010

salut je pense que l impression de contradiction que donne montesquieu dans les lettres persanes est du au fait que celui ci voulait faire prendre conscience a s es lecteurs de la difference qu il peut y avoir entre des civilisations .cependant il n y a pas de civilisation superieure a une autre.il faut donc opter pour le relativisme culturel.

3. Panesta 30/01/2011

Je pense que cette analyse pour un élève de première littéraire est plus que légère pour une analyse.

4. Céliouche 15/05/2011

Bon ensemble.Le premier point de la conclusion me parait flou.

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