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La Laitière et le Pot au lait ; Le Curé et le Mort ; Fables, La Fontaine

 

« La Laitière et le Pot au lait », VII, 10

« Le Curé et le Mort », VII, 11

Fables, La Fontaine

 

Commentaire comparatif

 

 

Eléments de l’introduction

 

  • La Fontaine, XVIIè siècle. Auteur français, célèbre en tant que fabuliste.
  • Fables, 1668-1694 ; 12 livres, dédiés à divers grands personnages (le Dauphin, Mme de Montespan…) ; portée morale et éducative, grâce à la transposition dans le monde animal.
  • Fables « La Laitière et le Pot au lait », « Le Curé et le Mort » ; successives, début du livre VII, dans le deuxième des trois recueils des Fables. Fables : même thème (un rêve, agréable mais déraisonnable, est anéanti par un brusque retour à la réalité), même morale, intertextualité. Personnages humains. Forme classique, alexandrins et octosyllabes.

 

 

Développement

 

I. Les personnages

1. Apparentes différences : deux situations sociales distinctes

 

  • Perrette : femme ; milieu paysan (« arriver […] à la ville » ; prénom = diminutif commun et pas très distingué); milieu peu aisé (chp lexical modestie des vêtements ; déplacements à pied, « à grands pas ») ; aspirations modestes (comble de l’aisance = un troupeau de vaches).
  • Le Curé : homme ; anonymat (GN : « Un Curé », « Le Pasteur », « Messire » ; nom générique « Jean Chouart ») ; éducation ; relative aisance, réputation ( noblesse de la « clientèle » : « carrosse », « Monsieur le Mort ») ; aspirations luxueuses, car relatives au superflu (vin, cotillons -> deux jeunes femmes).

 

2. Points communs 

 

  • Appât du gain : Perrette = acquisition de différents animaux => enrichissement ; Curé = acquisition de biens superflus et interdits aux ecclésiastiques => plaisir. Perrette : répétition « argent » ; chp lexical richesse. Curé : chp lexical richesse, répétition « tant » v22.
  • Bonne humeur : Perrette : chp lexical du dynamisme ; verbes de mouvements ; rythme vif avec octosyllabes, allitération en [t] v1 et assonance en [ê] v1-2. Curé : parallélisme v1 à 4, avec gaieté du Curé inversement proportionnelle à la ‘tristesse’ du Mort ; image du Mort « empaqueté », comme un cadeau ; « agréable pensée » ; désinvolture dans l’accumulation v12 à 14.

 

 

II. Leurs histoires

1. Projets et rêves

 

  • Projets : Perrette rêve d’une évolution de sa situation (gradation dans la taille et le prix des animaux, œufs->poulets->cochon->vache et veau-> troupeau), elle souhaite s’enrichir honnêtement (chp lexical du commerce, tournure « par son soin diligent »). Le Curé rêve d’une amélioration brusque de sa situation ; il aspire à des satisfactions que son état lui interdit (alcool, commerce avec les femmes), qui sont loin d’être indispensables (« feuillette » de vin : grande quantité, superlatif « meilleur vin » ; « nièce » et « chambrière », jeunes femmes sous son autorité) ; il espère s’enrichir par des moyens presque malhonnêtes (frais de l’enterrement, qui cesse d’être un acte pieux et devient un négoce comme un autre ; v15 à 17, tournure restrictive en « ne…que », v 21 à 23, répétition en « tant », coordination en « et » d’où insistance).
  • => Perrette plus sympathique au lecteur que ne l’est le Curé ; réactions différentes aux deux dénouements.
  • Confusion rêve/réalité : conjugaison à l’indicatif (présent, futur, et, dans « La laitière », imparfait), discours direct ; « la Laitière », assurance dans les tournures (« il m’est facile », « bien habile/S’il ne m’en laisse assez », « coûtera peu »), question rhétorique v. 19 à 21.

 

2. Dénouements

 

  • Dénouements : brusque retour à la réalité, conséquemment rêves brisés. Dénouements comparables ; mais déroulements différents, nuances dans les conséquences, perception par le lecteur différente.
  • Chute brutale : chez Perrette : phrase brève (« Le lait tombe ») ; conséquences exprimées par une phrase nominale et une gradation décroissante qui donne la liste de ce que Perrette veut à rebours -> idée d’éloignement inexorable et progressif ; chez le Curé : chp lexical bris, rythme des phrases sèches et juxtaposées, phrase nominale débutée par  locution « Adieu », détail anatomique affreux (« la tête cassée »).
  • Conséquences, chez Perrette : déception (métonymie « d’un œil marri », opposition ironique de « fortune » et « répandue » v 25, GN ironique « La dame de ces biens »), risques (mise en valeur « grand », infinitif passif (= soumission) « être battue »).
  • Humour noir, chez le Curé : chiasme v22 et 23 ; association avec « tous deux », « de compagnie » ; euphémisme -> mort (chp lexical du déplacement, de l’accompagnement ; verbes de mouvement) ; pronoms possessifs qui lient le Curé et le Mort jusque dans le trépas.
  • Cruauté : au paroxysme de la joie survient l’accident (« Perrette là-dessus saute aussi, transportée » : »Sur cette agréable pensée »). Responsabilité : le Curé subit (« un heurt survient »), Perrette est responsable (« saute »).
  • => tragique ; pathétique/ironique et satirique.

 

 

III. La morale

1. Similitudes

 

  • Morales explicites, à la fin des fables ; intertextualité (références de l’une à l’autre).
  • Sens : les Hommes se font inévitablement des illusions ; ces illusions sont inévitablement déçues. Donc l’Homme est systématiquement déçu ; il faut tenter de rêver ‘raisonnablement’. Dans la morale de Perrette, procédés qui mettent cette idée en valeur : questions rhétoriques, dont la répétition affirme la certitude que tous rêvent ; expressions idiomatiques (« bat la campagne », « châteaux en Espagne ») ; opposition « songe »/« veillant », antithèse « sages »/« fous ».
  • Style : présent de vérité générale, universalité (Perrette : constructions « autant…que » et « chacun », pronom personnel 1ère du singulier avec valeur « englobante » (= « nous », « on ») + lecteur concerné ; Curé : pronom possessif pluriel, inclusif « notre »)

 

2. Différences

 

  • Taille : morale du « Curé » = réécriture par réduction de la morale de la « Laitière ».
  • Style, dans la « Laitière » : exemples historique (Pyhrrus), fictifs (Picrochole, dans Rabelais ; épisode de la préparation de la guerre par les conseillers de Picrochole évoqué v28 et 29) ; forme du récit dans la morale, avec schéma narratif (SI, péripéties, chute et SF) et figures de style du récit (répétition en « tout » v36 et 37).

 

 

Conclusion

 

  • Fables complémentaires : différentes, car elles évoquent deux personnages distincts (femme/homme, démuni/aisé, sympathique/méprisable) aux ambitions très différentes, et comparables, car elles visent toutes les deux à éduquer (fables) -> à évoquer le côté rêveur de la nature humaine + à prévenir des dangers de la projection dans l’hypothétique et des déceptions correspondantes.
  • Réécritures : réécritures par La Fontaine d’un petit épisode de Gargantua, par Rabelais, et d’une anecdote citée par Mme de Sévigné dans une lettre (amplification, changement de genre) ; réécriture de la morale de la « Laitière » par la morale du « Curé », intertextualité ; intertextualité avec références à Rabelais.

 

 

Qq procédés remarquables

 

  • « La Laitière et le Pot au lait » : allitération en [t], v.1 ; chp lexical dynamisme (« légère », « allait », « agile ») ; chp lexical modestie des vêtements (« court-vêtue », « simple », « plats ») ; rythme vif, octosyllabes, phrases juxtaposées ; tournures confiantes, « Il m’st facile » v.12, « sera bien habile/s’il ne m’en laisse assez » v.14 et 15 ; indicatif, avec présent et imparfait ; GN ironique « La dame de ces biens », v.24, accumulation exemples fictifs et historique ; pronom personnel 1ère du sg.
  • « Le Curé et le Mort » : parallélisme v. 1-2, antithèse adverbes « tristement »/« gaiement » ; interjection « hélas ! » ; accumulation avec répétition de la coordination (« et »), v.12 à 14 ; chp lexical richesse (« trésor », « argent », « coût ») ; rythme sec, phrases juxtaposées, phrase nominale v. 29 ; chiasme v.32 à 33 ; intertextualité, allusion à « La Laitière et le Pot au lait » v. 37.

 

 

Problématiques et plans

Comparez ces fables

I. Les personnages

1. Les différences

2. Les similitudes

II. Les récits

1. Projets et rêves

2. Dénouements

III. La morale

1. Similitudes

2. Différences

 

Quelles sont les caractéristiques de la fable qui s’appliquent à « La Laitière et le Pot au lait » ?

I. Plaire et émouvoir

1. Un personnage sympathique (dynamique ; honnête)

[1 bis. Un récit vif]

2. Une chute tragique et pathétique

II. Instruire

1. L’application universelle de la fable (discours direct de Perrette ; exemples ; implication grâce au style de la morale)

2. La nature humaine et les illusions (confusion rêve/réalité ; morale)

 

Quelles sont les caractéristiques de la fable que l’on retrouve dans « Le Curé et le Mort » ?

Le récit plaisant et l’enseignement :

I. La satire (des ambitieux, des indélicats, des « petits-bourgeois ») instructive

1. Le personnage

2. Ses aspirations

3. Ses agissements

II. Un enseignement ironique : le dénouement

1. Un châtiment mérité/juste (responsabilité ; utilisation du Mort par le Curé = retournement de situation ; destins liés)

2. Une conclusion ironique (satisfaction suprême ; euphémismes -> mort)

 

Commentaires (2)

1. princeeeeeeeeee (site web) 29/12/2010

c bien juste qu'il manque un peu de ddétail sur l'analyse et la lecture liénaire.......[center][/center]

2. huit8 21/02/2012

niquel ça m'a beaucoup aidé

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