Quand vous serez bien vieille, Sonnets pour Hélène, Ronsard

 

« Quand vous serez bien vieille… », Sonnets pour Hélène, II, 24, Ronsard, 1578

 

 

 

Eléments de l’introduction

  • Pierre de Ronsard, Renaissance, XVIè siècle. Poète prolifique et renommé. « Prince des poètes et poète des princes » (source de la citation inconnue). Pléiade, humanisme ; épicurisme. Poésie lyrique, célébration des (nombreuses) femmes aimées : Odes, Amours de Cassandre, Amours de Marie, Sonnets pour Hélène.
  • « Quand vous serez bien vieille… », avertissement un peu brutal à la femme aimée : il faut profiter du présent, on ne peut lutter contre le cours du temps. Thème du temps qui passe et qui flétrit la beauté la plus éclatante = lieu commun de l’épicurisme. Sonnet, alexandrins.

 

Développement

 

I. Le Temps, destructeur véloce

1. Projection dans un futur sinistre

  • Projection dans le futur : futur de l’indicatif ; pronoms personnels 1ère et 2ème du sg, mêmes protagonistes que dans le présent de Ronsard.
  • Mort du poète, situation préférable : vie après la mort, image lyrique (Enfers antiques, « ombres myrteux »), soulagement (« je prendrai mon repos »).
  • Vieillesse de l’aimée : stéréotype de la grand-mère (position : « vieille accroupie », « auprès du feu ») ; chp lexical de la fin (« vieille », « soir »), de l’extinction (« chandelle » dont la flamme vacille ; « foyer », feu sans flammes, braises) = métaphore de la fin de la vie ; allusion aux Parques (« dévidant et filant ») ; insistance âge (répétition « vieillesse », début et fin du poème).
  • => épicurisme, philosophie : acceptation de la mort ; mais épicurisme = profiter de la Nature grâce à ses sens, donc quand les sens se délitent (la vieillesse), la vie devient insupportable, d’où la peur de Ronsard pour la vieillesse (il a 54 ans quand il écrit ce texte).

 

2. Nostalgie, seul recours et seule occupation

  • Regret : « amour » de Ronsard et « dédain » de l’aimée, parallélisme avec les pronoms possessifs, v12 ; discours direct, imparfait de l’indicatif donc temps lointain et révolu, style simple et oral, v4.

 

II. Possibilité de mettre le temps en défaut

 

1. Lutter contre le temps grâce à l’Art (ici, la poésie)

  • Immortalité du poète : chp lexical musique, poésie ; accumulation de participes présents v2 et 3, d’où assonance en [an] -> équivalent présent de vérité générale (+/-) ; évocation de Ronsard par lui-même, répétition de son nom v. 4 et 7, positions remarquables, soit en début de vers puis à la césure ; célébrité jusqu’auprès de la servante, antithèse « sommeillant »/« réveillant », tournure en négation qui marque l’absence d’exception, v5 à 7.
  • Immortalité de l’aimée : chp lexical de l’adoration, de la célébration, d’où bien-aimée = déesse qui a un culte ; v8, « louange immortelle » ; forme fixe du poème = passage à la postérité, « valeur sûre ».  

 

2. Lutter contre le temps en profitant du présent

  • Retour dans le présent : v13 et 14, conclusion qui s’inscrit dans le présent ; v14, réécriture du « Carpe Diem » ; conseil : accumulation d’impératifs ; élargissement avec la 2ème du pluriel ambiguë (politesse/pluriel) ; argument d’autorité (« Si m’en croyez », référence à Ronsard, qui a vaincu le temps en aimant et en composant ces poèmes) ; antithèse « demain »/« aujourd’hui » avec « aujourd’hui » en conclusion et à la césure ; chp sémantique de la vie v13 et 14.

 

Conclusion

  • Double message : constatation -> le temps passe vite et détruit ; conseil -> il faut vaincre le temps, a) grâce à l’art (ici, la poésie) et b) en vivant au jour le jour (ici, en répondant à l’amour de Ronsard).
  • Autre interprétation, légèrement différente : le temps détruit -> en attendant, il faut profiter de sa jeunesse -> au final, pour agir efficacement, il faut s’en remettre à l’Art pour vivre éternellement.
  • Réflexion de Ronsard sur sa vie, sa célébrité et sa postérité ; fait rare, il cite son propre nom plusieurs fois, se met en lumière grâce à des pronoms personnels à la 1ère du singulier, évoque son succès.
  • Thème de l’épicurisme : « Carpe Diem », litt. « Cueille le jour », que l’on retrouve dans le dernier vers ; le temps passe, par conséquent il faut profiter de sa vie présente (sans excès d’aucun sorte).
  • Réécriture par Apollinaire au XIXè siècle ; forme classique ; imitation légère du style ; thème du temps destructeur repris, mais abandon du thème du présent dont il faut profiter, et interrogation plus fournie sur l’immortalité grâce à l’Art (ambiguïté).

 

Qq procédés remarquables

Chp lexical de la fin (« soir », « chandelle », « foyer ») ; image des Parques, « dévidant et filant » ; accumulation de participes présents ; discours direct ; chp lexical adoration religieuse ; allitération en [r], v. 10 ; parallélisme, v. 12 ; antithèse « demain »/« aujourd’hui » ; paraphrase du « Carpe Diem », v.14.

 

Problématiques et plans

 

Quel est le message de Ronsard ?

I. Le temps passe vite et détruit

1. Projection dans un futur sinistre

2. La nostalgie, dernière occupation et seul recours

II. Possibilité de lutter contre le temps

1. Par l’art

2. En profitant de sa jeunesse

 

 

Commentaires (5)

1. CARRIERE 13/05/2010

tu es géniale .

2. Marie 06/06/2010

Excellent commentaire, ça m'a beaucoup servi, merci !
Bravo :D

3. juju 03/09/2010

super!!!!

4. zz 07/09/2010

BRAVO!!

5. Garance 28/04/2013

Merci, vraiment merci ! :)

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