L'Oeuvre, Zola ; E5, chapitre XII.

 

Extrait du chapitre XII de L’Œuvre, Zola



Éléments de l’introduction

  • Naturalisme, courant artistique et culturel du XIXè siècle. A la suite du réalisme, avec lequel il partage un grand nombre de caractéristiques. Volonté de dire l’homme et le monde de la façon la plus exhaustive possible. Naturalisme = méthodes pseudo scientifiques.
  • Zola, chef de file du naturalisme.
  • L’œuvre, cycle des Rougon-Macquart. Claude Lantier, qui souffre de troubles cyclothymiques à cause de son hérédité.
  • Conclusion du roman. Claude Lantier, qui a sombré lentement dans la folie et le désespoir, s’est suicidé. Son enterrement. Abandon de tous les anciens amis, à l’exception de Sandoz, ami d’enfance et écrivain dont la renommée s’étend, et Bongrand, peintre sur le déclin, qui a formé Lantier.
  • Symbolisme, des personnages, des évènements, des lieux. Réflexion sur la vie et la mort ; cycle, évolution, épreuve qui grandit ; travail qui peut tuer comme sauver ; Art ; souffrance.


Développement

I. L’enterrement de Claude Lantier

1. Un cimetière lamentable

  • Apparition à deux reprises d’une locomotive, gênante et déplacée ; emphase sur l’effondrement de la fosse, exagération de la « minute terrible », « augmenter son chagrin » ; symbolisme de l’incendie des vieux cercueils, cycle de l’oubli ; participation des évènements à l’inhumation, métapore fumée = « nuée de deuil » => pathétique.

2. Absences et présences

  • Absents : vieille bande d’amis = mythe de l’affection détruit, prise de conscience.
  • Présents : Sandoz et Bongrand, deux amis : l’un d’enfance et l’autre par l’Art, l’un qui commence à se faire connaître et l’autre qui reste glorieux mais décline (parallélisme) + voisins, pas concernés (chp lexical du désoeuvrement) + clergé et fossoyeurs, obligatoire mais impatients + un parent, Octave Mouret, pas concerné et là pr les convenances (atténuation un peu insultante, puis chp lexical dignité, double parallélisme avec antithèse « tous ces gens…jamais vus, en mémoire d’un parent dont il ne se rappelait pas le nom la veille », distance des pronoms démonstratifs).

3. Chagrin de Sandoz et de Bongrand

  • Bongrand : « exaspéré » par le manque de dignité ; discret parce que peu connu Claude Lantier, opposition Bongrand = « ravalait ses larmes » et Sandoz = « sanglotant ».
  • Sandoz : tristesse visible. Double perte : 1. Claude comme ami, chp lexical émotion, pronoms possessifs => travail qui console Sandoz de son désespoir ;    2. Claude comme sa jeunesse : personnification de la jeunesse avec « pour la faire glisser au fond du trou », chp lexical passé et jeunesse associé à des expressions mélioratives, superlatif en apposition avec «une part de lui-même, la meilleure » = Claude Lantier, bons souvenirs, exaltation de jeunesse, mais le tirait vers le passé ; évolution de Sandoz, qui gagne futur et lucidité, identité propre => roman d’initiation de Sandoz .

II. Réflexion sur l’art

1. Echec, déception, désillusion

  • Imperfection : personnification, métaphore filée œuvres/enfants ; chp lexical de l’inachèvement et termes péjoratifs, négation, « rien » ; en opposition avec l’expression de totalité de « toujours » ; comparaison avec un dieu créateur, mais dévalorisé : « reproducteurs débiles « .
  • Aspect mensonger : chp lexical avec « à peu près », « tricher », « mensongers » => but du réalisme, inatteignable.

2. Envie

  • Courage de Claude célébré : tournure emphatique « en voilà un qui » avec opposition lantier et les autres (« nous ») ; « au moins » ; opposition paradoxale entre possibilité et impuissance : « logique et brave »/« impuissance », « tué ».
  • Mort honorée : oppositions : euphémismes « il dort », « partir » en contraste avec « nous casser la tête » ; parallélisme avec « autant partir que »/« autant vaudrait-il nous casser la tête », tournure qui met en valeur la mort, voire le suicide => Claude envié pour son courage, soulagement ultime désiré quoique craint.

3. Importance du travail

  • Inutilité supposée de l’effort et mépris de soi : frustration, insatisfaction ; « malgré nos efforts » ; haine de soi, chp lexical avec « manquer de fierté », « se résigner », « je me méprise », « bouquins ».
  • Douleur : métaphore de l’accouchement (« Moi qui pousse mes bouquins »), poursuit la métaphore de l’enfant ; association « il est bien heureux » et négation du travail, de l’art ; « en train » ; caractérisation des deux travailleurs avec un singulier, idée de maladie : « La face pâle ».
  • Reconnaissance malgré tout : cycle de la gloire, parallélismes entre Bongrand et Sandoz, chps lexicaux mêlés travail et gloire.
  • Nécessité : rupture de rythme, aspect synthétique et presque apaisant du « Allons travailler » de Sandoz, impératif qui englobe le lecteur ; répétition « onze heures » ; idée de nécessité, verbe impersonnel « il faut que » et interjection « Fichtre », phrases exclamatives.


Conclusion

Symboliques et réflexions : art, travail, souffrance ; vie, mort et évolution. Pathétique, tragique. Monde désespérant, Art pas vraiment une issue, mais nécessité de continuer grâce au travail = note d’espoir. Ambivalence et dualité : tue comme sauve.
Tragédie de Claude Lantier qui s’ouvre sur le roman d’initiation de Sandoz. Aspect autobiographique/visionnaire à propos de Zola et de Cézanne.

Qq procédés remarquables

Chp lexical tristesse, émotion, puis douleur et échec ; antithèse « autrefois »/« en cet instant » ; personnification de la jeuness ds Lantier ; exagération « minute terrible » ; insistance « tellement… et si… que » ; parallélisme du petit cousin ; gradation « ravalant ses larmes », « sanglotant » ; euphémismes et insistances sur la mort, paradoxalement ; métaphore filée de l’œuvre = enfant et de la création = l’enfantement ; parallélisme carrières ; singularisation « en voilà un », « au moins » ; répétition « onze heures » ; rupture de rythme du « Allons travailler » ; impératif.

Problématiques et plans

Quelle vision de l’Homme et du monde cet extrait donne-t-il ?
Vision extrêmement pessimiste, avec volonté de continuer malgré tout à s’investir et à faire des efforts. Réflexion sur le monde et l’Art ; celui-ci était présent comme (relativement) salvateur plus tôt dans le roman, maintenant plutôt comme une source de désespoir.
I. Un monde sinistre et désespérant
1. Un cimetière lamentable
2. Abandons
3. Un chagrin insurmontable
II. L’Art, source de frustration et de souffrance
1. Des buts inatteignables
2. Le désir de la mort
3. L’effort indispensable

Montrez que ce dénouement n’est pas totalement désespérant.
I. L’enterrement de Claude Lantier : désespérant.
1. Un cimetière lamentable => désespoir.
2. Absences et présences => désespoir.
3. Chagrin profond mais formateur (Sandoz et Bongrand) => désespoir mais évolution.
II. Réflexion sur l’art : douloureux mais salvateur.
1. Echec, déception, désillusion => désespoir.
2. Envie, jalousie => désespoir.
3. Importance du travail => désespoir mais futur.

Commentaires (2)

1. Lostman 05/01/2013

Ce commentaire est très complet et très bien cependant , il n'est pas situé . Va t'il de "ils se turent un instant . La route [...] un mort tout entier que l'on va mettre dans la terre ! " ?

2. Lostman 05/01/2013

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